jeudi 18 octobre 2012

Des nouvelles de la lutte contre l'ayrault-port de Notre Dames des Landes


Publié sur : http://zad.nadir.org

"tout s'est déroulé sans incidents, l’opération est terminée" disait le préfet a 10h30 le 1er jour.

Ha bon ? Pourtant en même temps qu'il prononçait ces mots les flics attaquaient Le Far Ouezt et le Sabot et l’accès a la Zad fut interdit a toutes et tous, y compris les journaleux et les habitants "légaux" ! Les flics avaient prévus de prendre 11 lieux ce jour la, soit un tiers de nos habitations reparties sur 2000Ha. Ils ne réussirent que pour 8 d'entre eux.

Pour prendre le 1er lieu ils se contentèrent de tirer une pluie de grenade a distance jusqu’à y mettre le feu. Bien sur ils n'avaient pas vérifié si des gens dormaient dans leurs cabanes ou pas ! C'est donc cela une "opération sans incidents"...

Pour la plupart des lieux suivants ils furent étonnés de ne pas nous y trouver, sauf pour deux maisons barricadées sur plusieurs niveaux qui leur firent perdre un temps précieux. En effet nous n’étions pas chez nous ce jour la. Nous n'avions pas l'intention d’être la ou on nous attend. Nous sommes mobiles, nous connaissons le terrain, c'est notre force. Nous entendons bien faire de la Zad un nouveau bourbier, un échec cuisant pour l’état et le capitalisme.

Ils sont 1200, nous sommes 200. Pourtant nous tenons nos positions. Nous nous sommes même offert le luxe de reprendre 3 lieux ce jour.
Nous allons bien, nous n'avons rien a perdre car nous ne possédons rien. Nous avons tout a gagner car notre rage et notre force de résistance est infinie. Nous sommes une minorité et nous ferons plier la majorité !

Pour cela nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de renforts sur place (vous pouvez accéder a pied ou par les petites routes avec une carte détaillée), mais aussi d’étendre la lutte par le biais d'actions décentralisées.

Si vous ne pouvez nous rejoindre,sachez qu'il existe forcement prés de chez vous un chantier ou une autoroute/péage de Vinci et des bureaux du PS, ou même un Loxam qui loue les engins de destruction (les nantais pourront viser le garage Louis XVI, 114 rue de l'Etier). Ils ne doivent être en sécurité nul part !

La Zad est partout !! Merci aux potes d'Attenco, Bruxelles, Angers, Poitiers, Montreuil, La Roche Sur Yon, Lyon, Vienne et Rennes qui ont déjà commence et a toutes celles et ceux qui nous envoient des messages de soutien. Pour celles et ceux qui nous rejoindront, prévoyez des bottes, vêtements de pluie et lampes frontales. Selon nos informations (qui se sont avérées justes jusque la), l’opération durerait 15 jours, a moins qu'ils abandonnent avant ;-)

Chaque jour vous pouvez suivre en direct les évènements sur le site de la zad (Flash Info), ou si vous etes sur place sur 107.7 (la frequence de Vinci piratee)

Infos pour nous rejoindre (rdv, cartes, legal team,...) : https://zad.nadir.org/spip.php?article357

zad@riseup.net
https://zad.nadir.org/

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communiqué de presse envoyé le 17/10 à 23:30

On vit ici, on reste ici !!

Après deux jours de résistance et de solidarité, seuls sept maisons et un terrain ont été expulsés sur la Zad, zone menacée par le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Partout, les forces de l’ordre ont rencontré la détermination des opposant-e-s sous différentes formes : habitant-e-s refusant de quitter leurs maisons, d’autres juchés sur leur toit, rassemblements autour des lieux de vie, barricades sur les routes, opposant-e-s venus d’ailleurs pour rejoindre la zone, etc.

Depuis des heures, des opposant-e-s défendent les parcelles du Far Ouest du Sabot, terre maraîchère défrichée collectivement en mai 2011 et noyée à l’heure actuelle sous un nuage de gaz lacrymogène, au son d’une batucada. Des actions de solidarité s’organisent partout ailleurs, tel un rassemblement devant la préfecture à Nantes ce soir-même.

Contrairement à ce que laissait entendre le préfet mardi matin, la zone est donc loin d’être vidée. Restent une vingtaine de lieux occupés, sans compter les propriétaires, locataires et paysans vivant toujours sur place. La pression policière, dont témoigne entre autres l’incendie hier par les forces de l’ordre d’une cabane, sans même avoir vérifié si elle était encore occupée, ne fera pas taire la contestation.

Sans chercher à rivaliser avec l’arsenal militaire que la violence d’Etat peut déployer pour imposer ses projets « d’utilité publique », les actes de résistance continueront tant que le projet ne sera pas retiré.

Ici comme ailleurs, d’Atenco au Val de Susa, en passant par le Chéfresne et partout où des luttes se mènent, refusons de nous laisser aménager !

Dates à venir :

- samedi 20 octobre, à 12h, à la Pointe (le Temple de Bretagne) : rencontre entre opposants au projet d’aéroport autour des perspectives de la lutte

- dans le mois à venir, manifestation de ré-occupation sur la Zad, annonce de la date sur zad.nadir.org

Informations complémentaires : http://zad.nadir.org

Contact presse : 06 65 67 76 95

mardi 9 octobre 2012

Manif au salon de l'auto : photos et vidéos

Ce mardi 9 octobre 2012 a eu lieu un rassemblement d'une vingtaine d'usines au salon de l'auto. 

L'appel a reçu une bonne réponse et plusieurs milliers d'ouvriers et ouvrières étaient présents. On a ainsi retrouvé les PSA, Renault, Ford, Faurecia, ArcelorMittal, Goodyear, Continental, Sanofi, 3 Suisses, Fralib, Samsonite, Prevent Glass, etc.






















La manif fut dès le début très combattive. Les bleus étaient là en masse et bloquaient les accès au salon. 




Nous l'avons annoncé dès le début à coup de slogan : "On va rentrer !" "Aucune usine ne doit fermer !". Mais dès la première tentative, les bleus ont sortis la gazeuse. Plutôt que de décourager les ouvriers et ouvrières présentes, l'affrontement s'est amplifié et radicalisé et les pavés et parpaings ont remplacé les œufs et la farine. 

Certains délégués syndicaux ont essayé de calmer la légitime colère des ouvriers et ouvrières présentes mais leur discours n'a pas eu d'écho. Un délégué a même été jusqu'à essayer de mettre en avant la "légitimité du travail" des CRS ! Ces discours creux et loin de la réalité n'ont pas découragé les manifestants de lutter pour rentrer.

A plusieurs reprises nous étions presque rentrés mais à chaque fois les gaz lacrymo nous en ont empêchés. 






A noter qu'après avoir forcé les bleus à se protéger derrière les grilles, ils ont tenté une nouvelle sortie qui fut très brève : la trentaine de CRS sont repartis en courant sous une pluie de projectiles !


A part des larmes et de la colère, pas de blessés de notre côté ; par contre, quatre de leur côté. 

La révolte est présente et elle est indéniable, transformons-la en force pour la révolution !
 







 

lundi 8 octobre 2012

La marche des salopes (Slutwalk) ce samedi 6 octobre à Paris

Chaque jour en France, 206 personnes sont violées,1 femme sur 6 est ou sera victime de violences sexuelles et tous les 3 jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Seuls 10% des femmes portent plainte et seuls 2% des violeurs sont condamnés.

Les Slutwalks sont des manifestations contre le sexisme, les violences sexuelles et le dénigrement du viol.

Initiée à Toronto le 3 avril 2011, elle était une réponse aux propos sexistes d’un policier qui enquêtait sur une série de viols commis sur le campus de l’université de York ; lors d’une réunion de prévention (?) ,il avait conseillé aux femmes de ne pas s’habiller comme des "sluts" (salopes) pour ne pas être violées.

Plus de 3000 personnes avaient manifesté  pour rappeler qu’une victime d’ un viol n’est jamais responsable de son agression.

Depuis plus de 200 collectifs dans le monde ont organisé leur marche pour condamner les discours qui culpabilisent les victimes. Ce samedi, 6 octobre 2012, c’était le cas de 6 villes en France, dont Paris.

300 personnes se sont retrouvées  et ont manifestées de Sèvre Babylone au Panthéon.

Nombre de sucettes et de slogans :

-Ma jupe courte n’est pas une invitation

-Personne n’a demandé ce que portait mon violeur ?

-Salope et fière de l’être

-Non c’est Non

-Ne dites pas aux femmes comment s’habiller ! Dites aux prédateurs de ne pas violer

-Psst, j’ai un nom

-Mon corps m’appartient

Certaines féministes font remarquer que toutes les femmes ne sont pas disposées à se reconnaître dans l’insulte "salope", une identité forgée par le désir macho. Un mot qui martèle le quotidien de nombre de femmes.  

Un manque de lisibilité pour une grande partie des pancartes, celles-ci sont en majorité rédigées en anglais, c’est peut-être une affaire de classe plus que de genre.

Lire :

Retour en images :















samedi 6 octobre 2012

Des enfants pourchassés, violentés et humiliés par la police

Publié sur : 

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/061012/des-enfants-pourchasses-violentes-et-humilies-par-la-police

 

Des enfants pourchassés, violentés et humiliés par la police

06 octobre 2012 Par philippe alain
 
Arrestations violentes, menottage, chantage, absence d’avocat, palpations intimes … Certains policiers s’acharnent contre les enfants des rues au lieu de les protéger.
 
« Enlève ton soutien-gorge, mets les mains contre le mur et écarte les jambes »:
 
Maria et Monika (1) ont respectivement 14 ans et 12 ans. Alors qu’elles sont dans la gare de Lyon Part Dieu en cette fin de juillet ensoleillée, elles sont interpellées par 2 policiers et conduites au poste de police. C’est devenu de la routine. Le Président de la République a changé mais ni les préfets ni les procureurs. Les consignes sont les mêmes depuis le discours de Grenoble de Sarkozy et la course aux chiffres continue, il faut interpeller tout ce qui bouge et particulièrement les enfants qui font la manche pour survivre. Au poste de police, on leur demande de vider leurs poches et de décliner leur identité. La maman de Monika qui passe devant le poste voit sa fille et rentre pour la réclamer. En guise de réponse, on lui demande son passeport où figure l’identité de l’enfant, un policier en fait une photocopie, lui rend et lui ordonne fermement de partir sans lui donner aucune indication sur le sort réservé à sa fille. A ce moment là, la police est donc parfaitement au courant de l’âge de Monika et sait qu’elle a 12 ans. Un policier passe alors un coup de fil et l’attente se prolonge. Au bout d’une trentaine de minutes, un autre policier attrape les enfants par les bras et les emmène vers une voiture pour les conduire à l’hôtel de police. Maria témoigne : « Il me serrait fort par le bras. Quand je lui ai dit qu’il me faisait mal, il a serré encore plus fort. »
 
Arrivés à l’hôtel de police, rue Marius Berliet, les enfants descendent de voiture : « Le policier nous a demandé si on avait de l’argent sur nous. J’ai dit que non. Il m’a dit que si jamais sa collègue en trouvait, il nous mettrait en garde à vue. (NDLR : la garde à vue est interdite sur les mineurs de moins de 13 ans) On a marché quelques mètres et il a recommencé à me demander si j’avais de l’argent sur moi. Il m’a dit que c’était mieux de le donner tout de suite sinon, il y aurait des problèmes. Je ne sais pas pourquoi, il m’a demandé plusieurs fois si j’avais de l’argent sur moi en répétant que si je ne le donnais pas, il me mettrait en garde à vue. » Une fois dans le bâtiment, les deux enfants sont amenés dans une salle : « une grande salle avec des murs sales et des mégots par terre. La porte, en fait, c’était une grille avec des barreaux qui s’ouvrait et se fermait en glissant. »
 
Ce qui se passe ensuite est assez ahurissant. Le récit s’appuie sur le témoignage écrit de Maria, 14 ans. Il est livré tel quel, la scène s’étant déroulée sans témoin:
 
« Ils sont venus prendre ma copine et je suis restée seule dans la salle. Une femme policier en uniforme est arrivée. Elle était brune, elle avait une queue de cheval, des yeux noirs et des gants blancs. Elle m’a dit bonjour, je lui ai dit bonjour. Elle m’a dit d’enlever mon t-shirt, j’ai enlevé mon t-shirt. Ensuite, elle m’a demandé de retirer mon soutien-gorge. J’ai enlevé mon soutien-gorge. Elle l’a regardé dans tous les sens et puis elle l’a posé sur un banc. Je lui ai demandé si je pouvait me rhabiller. Elle m’a dit que non, que je pouvais juste remettre mon soutien gorge. Ensuite, la femme policier m’a dit de me tourner, de mettre les deux mains contre le mur et d’écarter les jambes. J’avais une jupe courte. Elle a relevé la jupe jusqu’au dessus de ma culotte et elle a commencé à mettre ses deux mains sur mon mollet et à remonter. Elle a continué à me tapoter  la peau avec ses deux mains en remontant, la jambe, le genou, la cuisse.
 
Quand elle a mis sa main au niveau de mon sexe, j’ai sursauté tellement j’étais surprise, j’ai dit : aïe, vous me faites mal, madame, j’ai mes règles. Elle m’a dit : je m’en fous, j’ai des gants. Elle a du sentir que j’avais une serviette hygiénique parce que moi, j’ai bien senti sa main. Ensuite elle a recommencé avec l’autre jambe. Depuis le bas, jusqu’en haut. C’était insupportable. A la fin, elle m’a dit, c’est bon, tu peux te rhabiller. Je n’ai toujours pas compris pourquoi elle avait fait ça. Ca se voyait que j’avais rien sur moi. C’est comme si elle cherchait quelque chose sous ma peau… »
 
L’histoire sordide se terminera quelques heures plus tard par une audition. «Un policier en civil m’a emmené dans un bureau. Il m’a demandé où j’habitais, comment s’appelaient mes parents, où ils étaient. Il m’a demandé si les autres policiers m’avaient mis des menottes. J’ai dit que non. C’était long. Le papier faisait 2 pages. A la fin, il m’a dit de signer. Je ne savais pas ce qui était écrit. J’ai juste vu écrit : procès verbal. J’ai signé, je n’avais pas le choix. Après, on est allé chercher ma copine. Elle ne voulait pas signer la feuille. Ils lui ont dit que si elle ne signait pas, ils ne la laisseraient pas sortir. A la fin, elle a signé.»
 
Plus de 3 heures après avoir été interpellées à la gare de la Part-Dieu, les deux jeunes filles sortent donc de l’hôtel de police, relâchées dans la nature. Monika, 12 ans, aurait simplement subi une palpation sur tout le corps, y compris les seins, mais pas de mise à nue. Maria elle, est sortie très choquée. A aucun moment leurs parents n’ont été prévenus, elles n’ont vu ni médecin, ni avocat.
 
Selon une source policière qui souhaite garder l’anonymat, l’absence de médecin et d’avocat serait normale car les enfants « n’ont pas été contraints ». Ils seraient « venus de leur plein gré » pour une « audition libre ». En ce qui concerne la fouille à nu, c’est impossible, selon la police, car interdit depuis mai 2011.

Menotté à 12 ans, le bras en sang :
 
Quelques jours auparavant, une autre histoire impossible s’était produite, mettant encore une fois en cause le comportement de certains policiers. Le récit des événements s’appuie sur le témoignage de l’enfant et de différents témoins.
 
Roman (1) a 12 ans. Il fait la manche dans le métro en fin d’après-midi quand il aborde une passante qui le repousse. Probablement surpris par la réaction de la femme et se sentant agressé, il la pousse également et lui donne une tape au moment où elle se retourne pour partir. La main de l’enfant atterrit sur la partie postérieure de la dame. L’histoire aurait pu s’arrêter là. L’enfant n’a pas eu ce qu’il voulait et la femme a courageusement repoussé une tentative d’extorsion de quelques centimes par un enfant des rues qui faisait appel à sa générosité. Mais en réalité, l’histoire ne s’arrête pas là. Elle ne fait que commencer.
 
A l’affût comme des chasseurs de gros gibiers, 3 policiers en civil surgissent et se précipitent sur l’enfant. Roman n’est pas vraiment un colosse. Il est même plutôt petit pour son âge. Il mesure 1m40 et pèse 45 kilos. Un de nos héros policiers sauveur de dame en détresse saute courageusement sur Roman et le projette contre un portillon en verre sécurit qui explose sous le choc. L’enfant a le bras en sang. Toute la scène est filmée par les caméras de surveillance. L’un des témoins raconte : « J’ai vu les policiers le traîner dans un coin à l’abri des regards. Beaucoup de sang coulait par terre. Un des policiers est parti en courant et les autres ont emmené le gamin derrière la porte qui donne sur les taxis. » Des copains de Roman essayent de pousser la porte pour rester près de lui. Ils sont violemment repoussés par les policiers qui se sentent probablement en grand danger face à deux enfants d’une quinzaine d’années. Les policiers mettent alors les menottes à Roman. Son bras ruisselle de sang, des traces sont encore visibles sur le sol plusieurs jours après les évènements. Ils le conduisent au poste de police de la gare.
 
Ouf, mission accomplie pour nos gardiens de la paix. On est impatient de lire le rapport de police et leur version des faits. Pourquoi pas accuser le gamin d’agression sexuelle et de violences ? Qu’est ce qu’ils ne feraient pas pour gonfler les statistiques… La course aux chiffres devait disparaître, mais comme pour beaucoup de choses, le changement, c’est pas pour maintenant… Au poste de police, les policiers refusent d’abord à la famille de rentrer et puis ils laissent finalement passer la mère. Elle en ressort le passeport déchiré. A cet instant, les policiers connaissent l’âge de Roman et doivent donc en principe connaître également les procédures à respecter. Face à la blessure de l’enfant qui continue de saigner, les pompiers sont appelés et procèdent aux premiers soins. Puis les policiers décident de conduire l’enfant à l’hôtel de police sous les yeux de sa mère en larmes. La maman témoigne : « les policiers ont donné un coup de pied dans ma poussette avec le bébé et ils ont emmené mon fils avec les menottes et en le tenant par la gorge. Ils m’ont dit : dégage, ferme là… »
 
A l’hôtel de police, Roman est placé dans la salle de garde à vue. Ici encore, les parents ne sont pas prévenus et pour cause, les policiers venaient d’écarter violemment la mère pour ne pas qu’elle reste avec son fils quelques instants auparavant. Ici encore, aucun avocat n’est appelé, ce qui constitue une violation des droits de l’enfant. Cette fois, en revanche, en ce qui concerne le médecin, on ne peut pas reprocher aux policiers d’avoir négligé l’aspect médical puisqu’ils décident de conduire l’enfant aux urgences. Les policiers déclarent alors au médecin que l’enfant s’est blessé en tapant dans un vitre. Ils ressortent de l’hôpital avec une radio rassurante du bras et un certificat médical qui disparaîtra mystérieusement du dossier. Au milieu de la nuit, les policiers emmènent Roman dans un foyer pour mineurs en disant qu’il a été trouvé à la rue, sans ses parents. Ses parents eux, paniqués, ne dormiront pas de la nuit, ne sachant pas où se trouve leur fils. Le lendemain ils retrouveront Roman traumatisé qui parle très peu. Son corps porte les stigmates de l’interpellation violente dont il a fait l’objet la veille: son avant bras est entouré par un large pansement et son poignet est noirci par les traces des menottes.
Plus de 4 jours après les faits, un médecin constate : « l’avant-bras présente au tiers moyen des plaies en cours de cicatrisation et des ecchymoses du derme profond. Le poignet est aussi porteur de plaies en cours de cicatrisation et porteur de traces de striction. L’enfant se plaint d’avoir été très serré dans des menottes. »

La loi, pourtant très claire, est violée:
 
L’article 4 de l’ordonnance n° 45-174 du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante, récemment modifiée par les lois Perben I et II est le texte de référence concernant la garde à vue ou la mise en retenue des enfants mineurs. (2)
 
Avant 10 ans, aucune mesure de retenue n’est possible sur un enfant.
 
Entre 10 ans et 13 ans, l’enfant ne peut être placé en garde à vue, mais il peut être « retenu », on appréciera la nuance, pour les besoins d’une enquête. Pour être retenu, il faut 2 conditions. La première est que le mineur soit soupçonné d’un crime ou d’un délit que la loi punit d’une peine d’au moins 5 ans de prison. Par exemple un vol avec violences ou une agression sexuelle. La seconde condition est qu’un magistrat: juge ou procureur de la république autorise la mise en rétention de l’enfant. L’enfant peut alors être retenu 12 heures, renouvelables une fois. Dans le cas où les deux conditions contre le mineur sont réunies et que la mesure de retenue est appliquée, elle doit forcément être accompagnée de 3 mesures: les parents doivent être immédiatement prévenus, un médecin doit examiner l’enfant afin de s’assurer que son état de santé est compatible avec la rétention et enfin, un avocat soit s’entretenir avec l’enfant.
 
Entre 13 ans et 16 ans, la garde à vue est possible, y compris quand le mineur est soupçonné d’une simple infraction. Les conditions sont à peu près les mêmes que pour l’enfant de moins de 13 ans, à ceci près que l’avocat n’est obligatoire qu’à la demande de l’enfant ou de ses parents. La loi est également très claire en ce qui concerne les auditions des enfants. Les interrogatoires des mineurs placés en garde à vue font l'objet d'un enregistrement audiovisuel.

Le chantage à la garde à vue pour contourner la loi
 
Lors de la réforme de la procédure de la garde à vue, on se rappelle tous de la levée de boucliers des syndicats de police qui nous expliquaient en substance que la présence d’un avocat dès le début des gardes à vue allait compliquer leur travail. Et bien, ils ont trouvé la parade… Elle s’appelle l’audition libre.
 
L’audition libre est une procédure sans contrainte au cours de laquelle une personne est entendue par les services de police. Plus besoin de notifier la mise en placement, plus besoin de notifier de droits, plus besoin de médecin, plus besoin d’avocat. C’est magique, non ? Lors d’une interpellation, les policiers procèdent donc souvent à un chantage pour contourner la loi et les garanties que le législateur a voulu donner aux citoyens. Le chantage est simple : soit vous nous suivez volontairement pour une audition libre, soit vous refusez et nous vous mettons en garde à vue. Sauf que… Dans les cas des 3 enfants, il y a bel et bien violation de la loi. Pour un mineur de moins de 13 ans, en dehors d’une procédure de vérification d’identité, ce qui n’était pas le cas puisqu’une copie des papiers d’identité était en possession des policiers, on est forcément dans le cadre d’une procédure de retenue. Et lorsqu’on procède à la retenue d’un mineur de moins de 13 ans… On rentre dans le cadre de l’article 4 de la loi du 2 février 45 modifiée par la loi du 4 avril 2011. Par conséquent, les parents auraient dû être prévenus de la retenue, les enfants auraient dû être vus par un médecin et ils auraient dû s’entretenir avec un avocat.
 
Pour Maria, qui elle a moins de 15 ans, l’absence de contrainte et le fait qu’elle soit venue « de son plein gré » est totalement contradictoire avec ses déclarations. Elle est formelle, elle a été emmenée à la voiture de police tenue par le bras et donc contrainte et forcée. La police pourrait prétexter pour elle qu’il s’agissait d’une mesure de vérification d’identité, mais alors pourquoi avoir procédé à une mise à nu partielle et à une fouille à même la peau ?  S’agirait-il d’une nouvelle technique pour vérifier l’identité d’un mineur ? D’autre part, à qui fera-t-on croire que deux filles de 12 ans et 14 ans se sont rendues de leur plein gré à l’hôtel de police de Lyon en plein après-midi ? Vous imaginez le tableau ? Tiens, on ne sait pas quoi faire, on s’embête un peu, il n’y a pas école, et si on allait faire un tour à l’hôtel de police pour se faire palper à nu par une femme policier… Enfin, le cas de Roman est pire encore puisqu’il a été menotté et emmené par un policier qui le tenait par une clé de bras autour du cou. Si ça, ce n’est pas de la contrainte, il faudra nous expliquer. Décidément, la police possède un langage bien à elle qui n’est pas vraiment le même que celui du simple citoyen.

La mise à nu et les palpations des parties intimes
 
Les cas de mises à nu abusives se sont multipliés ces dernières années. On rappellera simplement quelques exemples comme celui de ce couple de retraités de 70 ans convoqué à un commissariat et dont la femme « a dû se déshabiller complètement, sous-vêtements compris, tandis que son mari a été palpé en slip et en t-shirt. » (3) Ou encore cet homme de 63 ans arrêté pour défaut de permis de conduire et fouillé à nu 3 fois. (4) Même si depuis juin 2011, un arrêté (5) précise que la fouille intégrale avec mise à nu complète est interdite, il existe un lourd passif concernant le recours abusif des fouilles à nu par des policiers. Dans un rapport publié en janvier 2012 concernant les contrôles d’identité à l’encontre des jeunes issus des minorités, Human Rights Watch dénonce certaines pratiques policières notamment à Lyon: « Ils nous touchent de plus en plus les parties intimes », témoigne un jeune homme. L’organisation internationale regrette notamment l’absence de règles spécifiques concernant les palpations corporelles sur les enfants. (6)
 
En ce qui concerne le témoignage de Maria, la police niera peut-être tout en bloc, à moins qu’elle ne joue sur les mots en parlant de mise à nu partielle et donc autorisée. Il restera néanmoins à expliquer les palpations à même la peau car les déclarations de jeune fille sont très choquantes. S’il ne s’agissait pas d’un policier, on pourrait parler à minima d’attouchements à caractère sexuel. D’autre part, quel est l’intérêt pour la police de procéder à des palpations sur les jambes de l’enfant, en partant des mollets et en remontant jusqu’à l’entrejambes à même la peau ? De nombreux autres cas de palpations à même la peau ont également été recensés. Une palpation sert à s’assurer que rien n’est dissimulé, non ? Sur une chemise, un jean, un pantalon, cela à un sens, mais à même la peau ? Quel est donc le but poursuivi par les policiers lors de ces palpations ?
 
Mais au-delà de ces questions, ce qui est profondément choquant et inadmissible, c’est qu’en France, dans un pays démocratique qui vient d’élire un président socialiste, un citoyen et à fortiori un enfant mineur puisse se retrouver seul dans une salle avec un policier qui lui demande de se déshabiller et que ce dernier puisse procéder à des palpations sur son corps, à travers des vêtements ou à même la peau, sans personne pour contrôler ce qui se passe. Ni médecin, ni avocat, ni même aucun autre témoin. Combien de mineurs ont-ils été ainsi palpés, touchés, humiliés ? Combien de plaintes ont été déposées ? De quels moyens les parents disposent-ils pour prouver la véracité des faits avancés par leurs enfants ? C’est parole contre parole… Et on sait ce que cela signifie face à un fonctionnaire de police assermenté.

La méconnaissance du code de déontologie de la police :
 
En juin 2012, le Défenseur des Droits a remis son rapport à François Hollande. Il fait état de violences policières persistantes: menottage systématique, insultes, brutalités entraînant parfois la mort. Alors que le nombre global de dossiers reçus dans les quatre domaines d’activité du Défenseur a baissé de plus de 3 %, les plaintes concernant la déontologie de la sécurité ont explosé avec une augmentation de 96 %. (7)
 
Garde à vue qui ne dit pas son nom et masquée par une prétendue audition libre à laquelle on emmène les enfants manu militari, usage des menottes sur un enfant de 12 ans, mise à l’écart des parents, fouille à nu partielle, palpations à même la peau, obligation faite aux enfants de signer des procès verbaux qu’ils ne comprennent pas, absence d’avocat, absence d’examen médical, absence d’enregistrement video des auditions… En plus d’une violation de la loi pour certaines d’entre elles, toutes ces dérives constituent très clairement une violation du code de déontologie de la police qui précise notamment dans son article 10: « Toute personne appréhendée est placée sous la responsabilité et la protection de la police ; elle ne doit subir, de la part des fonctionnaires de police ou de tiers, aucune violence ni aucun traitement inhumain ou dégradant. »  (8) Cet article précise en outre: « Le fonctionnaire de police qui serait témoin d'agissements prohibés par le présent article engage sa responsabilité disciplinaire s'il n'entreprend rien pour les faire cesser ou néglige de les porter à la connaissance de l'autorité compétente.»
 
Ironie de l’histoire, le code de déontologie de la police date du 18 mars 1986. Elle est signée par un certain Laurent Fabius, Premier Ministre de l’époque et Pierre Joxe, Ministre de l’Intérieur. 26 années se sont écoulées depuis. Laurent Fabius est à nouveau en responsabilité aux plus hautes fonctions de l’Etat. Quant à Pierre Joxe, il exerce une activité d’avocat spécialisé dans le droit des enfants. On espère qu’ils se pencheront, ainsi que le gouvernement, sur ces exemples qui ne sont ni des exceptions, ni l’apanage de la police. Dans un article mis en ligne en septembre 2012, Louise Fessard dénonce également dans Médiapart les pratiques illégales de certains gendarmes contre des enfants roms. (9)
 
On imagine l’effet destructeur de ce genre de traitement sur des enfants qui subissent des traumatismes à la fois physiques et psychologiques. Ces pratiques sont d’autant plus scandaleuses qu’elles sont commises par des agents dépositaires de l’ordre public et visent des enfants qui devraient être protégés plutôt que pourchassés, violentés et humiliés.
 
Après l’affaire Neyret à Lyon, celle des policiers de Vénissieux mis en examen pour corruption, les fonctionnaires de la BAC écroués à Marseille pour vol, racket et trafic de drogue, il y a vraiment des pratiques à revoir de toute urgence au sein de la police française.

(1) Les prénoms ont été modifiés

Rassemblement en mémoire de Jamal Ghermaoui

En mémoire de Jamal Ghermaoui
Collectif Vérité & Justice pour Jamal


Il y a un an, Jamal Ghermaoui (Rahimaho Allah), habitant de la cité du Luth à Gennevilliers, s’est fait tuer à l’âge de 23 ans dans sa cellule du mitard de la maison d’arrêt de Nanterre.

Le meurtre d’un enfant d’immigrés, perpétré à l’abri des regards.

Couvert par l’administration pénitentiaire qui s’est empressée de muter les surveillants impliqués et de répandre la thèse du « suicide ».

Bien qu’aucune procédure judiciaire au monde ne puisse ramener Jamal à ses proches, une plainte a été déposée. C’est une question de dignité.

A la faveur de cette plainte et des mobilisations qui ont eu lieu, une fenêtre médiatique s’est ouverte.

Nous comptons l’utiliser au mieux pour faire du meurtre de Jamal l’événement catalyseur, qui cristallise tout ce qui peut se passer en prison.

Et aussi dans nos quartiers.

C’est à travers cette production politique et artistique que nous élargirons cette fenêtre médiatique et inscrirons le drame que constitue le meurtre de Jamal dans l’histoire de Gennevilliers.

Et dans celle plus générale des luttes de l’immigration et des quartiers.

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Pour commémorer la date symbolique d’un an et rendre hommage à la mémoire de Jamal, nous organisons un rassemblement

Samedi 13 octobre 2012
Devant la maison d’arrêt de Nanterre
A partir de 17h

Nous nous réunirons ensuite tous ensemble pour évoquer l'enquête en cours, les mobilisations contre la répression d’Etat et les moyens politiques et artistiques de mener ces luttes.


Contact : justicepourjamal@gmail.com

Retour en images sur le salon de l'auto 2010 à Paris

Octobre 2010, ILS pensaient interdire l'accès, à ce que les salariées-es de l'automobile
considèrent comme leur salon.

Vain espoir.

Malgré un dispositif policier, aussi puissant à l'intérieur qu'a l'extérieur, une fois que les grilles eurent été enfoncées avec les barrières de sécurité, ces messieurs comprirent enfin la détermination des travailleurs-euses et durent négocier l'entrée gratuite pour les centaines dsalariés-es.

Le salon fût investi mais les bleus montrèrent leur mauvaise humeur par quelques provocations qui n'impressionnèrent personne.

Bon salon 2012.
 
Rendez-vous le 9 octobre à 10h30 au salon de l'auto pour leur rappeler ce bon souvenir !