vendredi 15 juin 2012

Maroc : Arrestation du Camarade Mourad Chouini

Même pas un mois après la libération du camarade Mourad Chouini , qui a passé 4 ans de prison ferme, après la révolte des étudiants le 14 et 15 Mai 2008 , le voila encore une fois arrêté après avoir aller au poste de commissariat de Tantan pour renouveler sa carte d’identité. Il a été arrêté sous prétexte qu’il y a 3 notes de recherches contre lui lancées par la police à Marrakech, il a donc passé la nuit d’hier (le 12/06/2012) au poste de police à Tantan sans présenter des réponses à sa famille aux questions qu’elle a posé sur les motifs de sa détention et les condamnations dont il est sujet, tout ce qu’on l’aura dit est qu’il est recherché par la police judiciaire à Marrakech et qu’eux seules peuvent leur donner les ordres .

Ce soir (le 13/06/2012) Mourad Chouini a été transféré à Marrakech avec une ambiguïté en conserne les accusations apportées contre lui, et les motifs de sa détention comme on a dit, sa famille a été interdit de le visiter, et plus que ça ce matin ils ont nié que Mourad est détenus chez eux !!!.

Mourad, pour ceux qui ne le connaisse pas, a été détenu pour la première fois l’année universitaire 2004/2005, dans un contexte de la lutte des étudiants contre « la charte nationale de l’éducation et de formation » appelée par les étudiants au Maroc « la charte de classe pour l’Assujettissement et la marchandisation », ce qui fait que il est recherché du fait de son rôle dans la direction des luttes qu’a connu l’université Kadi aayad à Marrakech.

Sa deuxième détention a eu lieu durant la lutte héroïque des masses estudiantins à Marrakech le 14 et 15 Mai 2008, puisqu’il a été arrêté à coté de 10 camarades, et il a été jugé en pénalement de 4 ans qu’il a passé aux prisons de Boulmharez à Marrakech et la prison locale à Essaouira.

Il a adopté la « liberté » le 15 Mai 2012 c'est-à-dire moins qu’un mois après son arrestation encore une fois hier.

Mourad a été toujours présent à coté des masses populaires et des masses estudiantines et son adoption de la ligne des masses est une réalisation de ses principes et de son identité politique et idéologique.

Pour tout ce ci les motifs réels de cette arrestation sont claires : des provocations de la part des services secrètes a fin de l’intimider et de saper le moral et la fermeté du camarade afin de le persuader de pas poursuivre la lutte.

La libération de Mourad Chouini et de tous les détenus politiques est notre tache tous.

La lutte pour les libertés politiques et syndicales est la tache de tous les militants et militantes, la tache de tous les démocrates.

La participation effective dans toutes les formes de lutte et la création de ces luttes est une tache immédiate et urgente.

Construire le Front Ouvrier Révolutionnaire dans les usines et les entreprises



Les fermetures d’entreprises ne se comptent plus, les licenciements les accompagnent par centaines de milliers, les délocalisations se poursuivent, entrainant des drames sans fin, une incertitude, une crainte, une terreur permanente d’être de la prochaine charrette.

Chacun et chacune craint d’être expulsé de son logement et de se retrouver à la rue faute de pouvoir payer les loyers quand on est locataire ou les traites quand on est accédant à la propriété, sans compter les charges quoi qu’il en soit.

L’industrie automobile est frappée de plein fouet. Chez PSA, la direction tente de gagner du temps mais son plan dévoilé par la CGT est clair : elle veut, entre autres, fermer l’usine à Aulnay en 2016 et licencier dans toutes les usines du groupe.

Mittal a déclaré que Florange ne démarrerait pas avant six mois. Il fait traîner les choses en longueur. Le Président de la République s’est « engagé » à obliger les industriels se désengageant d’une usine française à la céder à un repreneur. Pour l’instant les discussions sont tripartites. Les patrons veulent faire avaliser des plans de licenciements et fermer d’autres usines en Europe et dans le monde, car il faut maintenir le taux de profit.

Mittal détient d’énormes paquets d’actions, fruits, à l’origine, de l’extorsion de la plus-value sur le dos des travailleurs indiens payés à coups de triques. Mittal n’est pas un travailleur immigré ou français qui sue derrière la coulée, mais un exploiteur de la plus belle espèce qui exploite des centaines de milliers d’ouvriers et d’autres travailleurs dans le monde entier.

Il en est de même de Doux, premier producteur européen de volailles, qui détient 80% du capital de dizaines d’entreprises dans le monde entier, dont celles de Bretagne et d’autres en France qui exportent 50% de la production dans des pays opprimés et ruinent des millions de petits producteurs paysans. Ici, les paysans sous contrat d’intégration qui dépendent de son groupe sont entraînés dans la tourmente, ne pouvant plus payer leurs dettes contractées près du Crédit agricole. Doux a demandé à être mis en redressement judiciaire pour six mois et cherche des repreneurs.

Les salaires ne sont pas payés depuis sept mois chez Sodimédical dans l’Aube (textiles médicaux). « Avant on découpait et on pliait les drapages qui servent à couvrir le patient dans le bloc opératoire. Peu à peu on s’est contentés d’assembler des produits qui venaient de Chine, il nous disait si vous n’augmentez pas la cadence, tout va partir en Chine. On a revu les postes pour réduire le nombre de gestes et diminué les temps de pause.» Pas étonnant qu’on tombe malade, en dépression.

Chez Fralib, il en est de même. Air France : 2400 suppressions de postes d’ici 2014, et ainsi de suite. En tout, il y aurait près de 60 000 emplois en concernés selon la CGT.

Durant les grèves pour les retraites, des centaines de milliers de travailleurs criaient « Grève générale » et « Tous ensemble ». Mais tous ensemble pour défiler ne suffit pas, il faut être tous ensemble dans l’usine, dans les usines, pour faire plier les patrons en préparant la prise de direction de l’économie qui expropriera les grands groupes industriels et les grandes surfaces qui prennent à la gorge les travailleurs de la campagne en pratiquant des prix décuplés sur le dos des consommateurs.

La politique de conciliation ne conduit qu’à des hécatombes. Il ne s’agit plus de discuter combien l’Etat, c’est-à-dire les contribuables, devront mettre au panier pour sauver les actionnaires, pour sauver le capitalisme pourrissant. Il s’agit de les faire payer, de s’organiser et de se préparer et non de reculer devant les menaces de licenciement.

Il faut que cela cesse et cela ne peut cesser qu’en en finissant avec le système qui produit toute cette misère : le système capitaliste. Nous y parviendrons en organisant pas à pas le Front Ouvrier Révolutionnaire dans les usines et en préparant ce que les directions syndicales refusent : taper au portefeuille comme en 36 ou en 68 et déclencher l’étincelle qui mettra le feu à toute la plaine.

Front Révolutionnaire Anticapitaliste/Antifasciste Populaire

vendredi 1 juin 2012

Journée "Les dernières colonies françaises : le droit à l'autodétermination"

 Publié sur le blog du Comité Anti impérialiste

« GWADLOUPÉYEN, A les écouter, NOU les ultramarins, les ultrapériphériques, les colonisés brusquement devenus français à part entière, serions encore une nouvelle fois la chance de la République Française. C’est bien vrai car la grandeur et la richesse de la France se sont construites et durent grâce à la colonisation et à l’esclavage. »
Communiqué du LKP à propos des élections présidentielles en France, 22 avril 2012.
Etats des lieux :
 
Les nombreuses luttes menées ces dernières années contre la vie chère, le chômage et l’exploitation dans les « DOM-TOM » se sont soldées par des répressions sans précédent. Répressions qui ne sont quasiment pas relayées dans la presse. Depuis la lutte héroïque du LKP en Guadeloupe en 2009, on assiste au redéveloppement de mouvements intenses aux Antilles, à la Réunion, en Guyane, à Mayotte et en Kanaky. Et pour cause : la situation sociale est explosive. Quelle est la réaction des partis politique face à cette situation ? On pourrait croire quelle est nulle mais en ne dénonçant pas la répression et la situation sociale, ces partis se rendent complice et sont donc responsables. D’ailleurs, sur la question des « DOM-TOM », on note un consensus national des partis droite-gauche, comme à l’époque de la république de Ferry, concernant le sort réservé à ces populations. Quel parti politique a osé dénoncer la domination coloniale qui est à l’origine de la crise sociale que vivent ces peuples ?
                        
 
 
En Guadeloupe l'autorité de la concurrence révèle que « les écarts de prix en magasin avec la métropole dépassaient 55 % pour plus de la moitié des produits, un pourcentage trop élevé pour trouver exclusivement sa source dans les frais de transport et l'octroi de mer » (2009). Pour les prix des carburants ils ont bondi de 77% entre 2001 et 2008 à la Réunion et de 44%  en Guadeloupe. La distribution du carburant étant assuré par le seul monopole SARA (filiale de Total) qui prélève des marges hautement supérieur à ceux de métropole (source: site de l’UGTG) et qui fixe les prix en accord avec les préfets. Des prix supérieurs alors même que la moitié des ménages des départements d’outre-mer ont un revenu mensuel par personne inférieur à 796 euros, contre 1 281 euros en métropole (revenu médian). Un écart de 60 % (source: observatoire des inégalités). A la Réunion, 52% des ménages vivent sous le seuil de pauvreté. Dans l’ensemble de ses territoires, le taux de chômage des jeunes dépassent les 50%.
 
Ainsi en 2009, le peuple de Guadeloupe a ouvert la voix par une grève générale de 44 jours menée par le LKP et l'UGTG. Arrachant une centaine de revendications qui n'ont pour la plus-part pas été respecté par les autorités. Mouvement rejoint par les Martiniquais et les Réunionnais. Fin 2011, c'est cette fois-ci à Mayotte qu'éclate une grève générale de 43 jours, permettant d'obtenir une diminution des prix des ailes de poulets (Mabawas) et des sardines. A la réunion à la suite d'une manifestation début 2012 se sont succédé plusieurs nuits d'émeutes, les jeunes exacerbés par le chômage et la vi0e chère s'en sont pris aux commerces et aux grandes surfaces. Dans cette région le chômage qui atteint 30 % n’a de cesse d’augmenter. En Nouvelle Calédonie, les dures luttes sociales menées par l'USTKE (notamment à air Calédonie) ont eu comme seule réponse l’utilisation de la baïonnette : arrestations et emprisonnements de plusieurs militants syndicaux en grève...
 
Pourquoi l’Etat français tient-il tant à ces territoires ?
 
Il suffit de voir la configuration de chaque île pour se rendre compte de l’immense intérêt qu’a la France de détenir ces territoires. D’abord d’un point de vue géostratégique : la France est le seul pays impérialiste à avoir des territoires partout dans le monde ! Antilles et Guyane en Amérique,  Kanaky dans le Pacifique, Mayotte et la Réunion  dans l’océan Indien. De plus, les ressources existantes comme le zinc en Kanaky, le bois en Guyane , la pêche, le pétrole… constituent tant de richesses gratuites pour l’Etat français qu’on comprend l’acharnement pour garder ces territoires et les zones maritimes qui s’y rattachent. Contrairement aux idées véhiculées l’Etat français gagne beaucoup plus à gagner ces territoires que ces populations gagnent à être Français.
 
 
« Ici la lutte de classes s’exprime dans un contexte de domination coloniale » 
Gaby Clavier, ancien dirigeant de l’UGTG.
 
La possession et la domination de l'économie par les Békés, les Zoreilles, les Caldoches  (noms pour désigner les blancs descendants d'européens) est toujours d'une réalité criante. La question de la « Pwofitation » mérite donc d'être posée ici au cœur de la métropole impérialiste. Comme le souligne Elie Domota dans une interview, la question de la domination coloniale doit être posée car elle est bien le cœur de l’injustice : « Quel que soit le territoire, les départements d’outre-mer restent des colonies gérées comme à l’époque des plantations. En Guadeloupe, le commerce et la distribution sont détenus par trois ou quatre grandes familles. C’est le même cas de figure à Mayotte. Au sommet de la pyramide, vous avez des personnes d’origine européenne et en bas de l’échelle sociale les Mahorais. Il y a aussi un réel mal-être. La paix sociale ne peut pas exister si 30 % des jeunes sont au chômage. »  extrait de :L’explosion était inévitable à Mayotte, nov 2011.
 
Dans les années 1950-1980, alors que les peuples colonisés obtenaient leurs indépendances, les Antilles, la Polynésie, la Réunion et la Kanaky étaient maintenues sous domination et administration directe. Cette colonisation parait « normale » et personne ne s’indigne de cette anomalie. Ces territoires sont « logiquement » considérés comme français pour la majorité des français. Par le biais d’artifices juridiques, la France impérialiste tente de faire croire qu’elle n’a plus de colonies. Mais les luttes des peuples pour leur libération nationale et sociale prouvent le contraire. Face à la pauvreté, 1 Antillais sur 3 rejoint la métropole. Dans l’autre sens de nombreux métropolitains ses sont installés comme cadres surpayés dotés de primes et de privilèges divers. Les fonctionnaires métropolitains qui rejoignent les territoires « d’outre-mer » voient leurs salaires augmenter de 40% !  C’est le résultat d’une politique délibérée née dans les années 1960 qui a permis de renforcer
le mythe de la France « mère-patrie » et ainsi renforcer l’aliénation culturelle des peuples antillais. Comme nous l’évoquions plus haut un consensus « républicain » réunit tous les partis politiques autour du vieux discours colonialiste du 19e siècle : « la France a beaucoup apporté à ces peuples » ou alors « L’atout que représente pour la France cette présence aux quatre coins du monde ». C’est effectivement une des spécificités de l’impérialisme français. Il est l’un des seuls pays impérialistes à détenir encore des colonies un peu partout dans le monde. La question qui se pose pour l’impérialisme français n’est pas de savoir ce que souhaitent ces peuples (autonomie ou indépendance) puisque toutes les luttes sociales ou indépendantistes ont été matées dans le sang. Par contre, l’intérêt se porte sur les éventuelles menaces stratégiques qui pèsent sur son déploiement mondial et s’il perd du terrain au profit des autres puissances impérialistes.  Et lorsqu’un conflit social explose comme c’est le cas à la Réunion actuellement, on voit bien que tout le camouflage sur la prétendue appartenance légitime de ces territoires à la France vole en éclats et la question de la domination coloniale est remise à l’ordre du jour.
En tant que mouvement anti-impérilaiste, nous devons dénoncer le rôle de notre propre impérialisme et populariser les luttes actuelles en les reliant à l’histoire de ces peuples qui ne manquent pas de luttes héroïques. Louis Delgres, Frantz Fanon, Marcel Manville, OJAM, AGEG, AGEM, ARC, USTKE, PKLS… sont tant de noms de personnes ou d’organisations politiques qui marquent l’esprit de résistance et de lutte de ces peuples.

mercredi 30 mai 2012

PSA Aulnay-sous-Bois : les chefs d’équipe contrôlent les cartes de séjour

 No comment....


 
« En trente ans de boîte, c’est la première fois que je vois ça », assure un salarié. Mercredi, pourtant, des chefs d’équipe de l’usine PSA Peugeot-Citroën (Aulnay-sous-Bois) ont été chargés d’aller contrôler les cartes de séjour des ouvriers étrangers travaillant sur la ligne de montage.

Ils en avaient apparem­ment reçu la consigne par mail, sans autre explication. Les opérateurs de l’équipe du matin ont donc eu droit à cette étrange tournée… qui a repris auprès de leurs collègues de l’après-midi. Non sans susciter une certaine émotion, dans une usine où règne déjà la crainte d’une fermeture d’ici à 2014. « Un salarié sénégalais m’a appelé, un chef venait de lui demander sa pièce d’identité pour en faire une photocopie, raconte Mohamed Khenniche, délégué SUD. Je suis allé lui demander pourquoi il faisait cela. Il m’a juste dit qu’on le lui avait demandé. Il était un peu gêné, et face à nos protestations il a renoncé. » 
 
Dans la foulée, le syndicat SUD publiait un tract hier, déniant à l’entreprise le droit « d’effectuer les contrôles au faciès », et annonçant son intention de saisir la justice. Indigné, le délégué CGT Jean-Pierre Mercier dénonce de son côté « un vrai scandale, et une provocation de plus de la part d’une direction qui fait face à la mobilisation des salariés contre la fermeture de l’usine ». Les syndicalistes s’interrogent désormais sur la légalité de la démarche. 
 
La direction affirme être dans son rôle : « L’employeur a l’obligation légale de vérifier que les gens ont des papiers en règle, sinon il risque lui-même des poursuites pénales. Nous procédons à ce type de vérification tous les deux ans », indique une porte-parole, selon laquelle un ouvrier sur quatre dans l’usine n’a pas la nationalité française. La loi oblige effectivement une entreprise à vérifier, au moment de l’embauche, que son salarié est en situation régulière. Celle-ci le fait généralement auprès de la préfecture. Mais peut-elle solliciter ainsi ses employés, déjà embauchés, lorsqu’ils sont en poste ? « Pour tenir nos fichiers à jour, nous n’avons pas d’autre solution que de vérifier directement auprès des gens, afin de les assister dans leurs démarches de renouvellement s’ils sont en retard », ajoute cette porte-parole, qui reconnaît toutefois une « maladresse » dans l’exécution de la consigne.  
 
Source : Le Parisien

samedi 19 mai 2012

Entretien avec des ouvriers de PSA

Voici une interview avec des camarades ouvriers de l'usine Aulnay-sous-Bois. Les travailleurs de cette usine se mobilisent contre la fermeture programmée du site.

La Cause du Peuple





Où en est la situation à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois ?

Le climat dans l’usine est devenu insupportable. Les sanctions et les rapports se multiplient. Un retard de 5 minutes, c’est un rapport qui peut être suivi d’une sanction, de même pour aller chercher un casse-croute en quittant son poste, etc.

Les pressions sur le personnel se font de plus en plus fortes. Certains chefs zélés harcèlent les travailleurs, même quand ceux-ci étaient bien notés, considérés comme des travailleurs dociles. Ils s’attaquent aux plus faibles, à ceux qui ont peur en se défendant de perdre leur emploi ou leurs primes.

Ce harcèlement conduit des travailleurs à la dépression, à des arrêts maladie, qui entraînent une perte de salaires, voire à des situations précaires, surtout lorsqu’il n’y a qu’un seul salaire à la maison, des crédits en cours, ce qui peut engendrer une dégradation du climat familial, et même à une séparation, voire au suicide pour les plus fragiles.

Combien d’emplois sont menacés ?

Tous les emplois sont menacés. Ceux qui ont plus de 55 ans, 850 ouvriers, sont en première ligne. Dans l’immédiat la direction a établi un plan dit de « mobilité ». En quoi consiste ce plan de mobilité : il y a un bureau où on est libre de se rendre pour des échanges d’informations. 6 personnes s’occupent de vous recevoir.

En réalité, les informations et les conseils consistent à inciter ceux qui veulent s’inscrire à accepter des propositions de reclassement soit dans le groupe, soit ailleurs, avec des indemnités qui ne remplaceront pas un emploi. On vous cite des témoignages de certains qui ont acceptés de partir. Untel a réussi à monter un commerce, un café. On ne parle pas de ceux qui se sont retrouvés quelques mois après un reclassement au chômage, pas plus que de celui qui a fait faillite. Il n’y a que des bons témoignages. Car le but est de dégraisser l’usine d’Aulnay en douceur en incitant les ouvriers à partir.

Combien y a-t-il d’intérimaires à PSA Aulnay ?

Environ 350.

Et quel est le salaire moyen ?

Le salaire moyen ouvrier est de 1250 € net, celui du cadre 2500€, celui d’un ingénieur 5000€.

Quels sont les principaux sous-traitants ?

A l’intérieur même de l’usine, PSA emploie 1000 ouvriers de la société TRIGO, qui s’occupent du contrôle des pièces et de la finition, sous-traitant qui lui-même « loue » ses ouvriers à une société d’intérim. Ainsi, sur demande, elle peut à tout moment remplacer ou retirer un ouvrier sans avoir à verser d’indemnité de rupture. Emploi 93 joue le rôle d’intérim.

Le plan d’austérité mis en place par le groupe : faire des économies sur tout !

Maintenant, il faut attendre parfois huit jours pour avoir un casque ou des lunettes de protection, des chaussures de sécurité, au détriment de la sécurité au travail. Avant les armoires étaient pleines.

La politique de la direction, en mettant la pression sur le personnel, est d’empêcher tout mouvement collectif et vise à obtenir le plus de rendement possible avant la fermeture qu’ils ont prévue dans leur plan de restructuration, de délocalisation. Jouer du chaud et du froid avec la menace de fermeture.

Leur plan est d’empêcher l’unité des travailleurs de se former pour s’opposer aux plans liquidateurs du patronat et des actionnaires de PSA qui n’ont comme seul objectif la recherche du taux de profit maximum dans le moins de temps possible.

Qu’importe que les ouvriers soient jetés à la rue. Les ingénieurs et les hauts salaires sont eux-mêmes menacés. Une fois un modèle mis en place, on n’en conserve que le minimum car l’austérité s’applique à tous sauf au maître d’œuvre le PDG M. Varin et son bras droit M. Denis Martin, ceux-là sont à l’abri, ils seront recasés et toucheront une belle prime s’ils mènent à bien leur plan d’extermination de la force de travail par la fermeture de l’usine. C’est la logique du système capitaliste dont ils sont les instruments.

Que font les organisations syndicales ?

Les organisations syndicales font des réunions 2 fois par semaine.

Le SIA, qui avant avait une politique corporatiste de collaboration avec le patron, est lui-même dans le collimateur. Ses adhérents sont eux aussi menacés par la fermeture de l’usine. Comme quoi rien ne sert de servir le patron car on n’en est pas récompensé, après avoir été au srevice de PSA pendant longtemps, mais jeté dehors une fois le citron pressé, comme les autres.

FO, la CGC et la CFTC ont une position ambiguë entre contestation et conciliation. SUD minimise l’élargissement extérieur de la lutte. La CGT, la CFDT et même le SIA font bloc.

Au fond ce qu’il faut c’est l’unité des syndiqués mais aussi de tous ceux qui ne le sont pas. Il faudrait que dans chaque atelier, sur chaque chaîne des comités unitaires se mettent en place.

Qu’espèrent les ouvriers d’un changement de gouvernement ?

Hollande est venu, certains espèrent qu’il tiendra la promesse d’organiser une réunion avec le patron et qu’il prendra des mesures pour empêcher la fermeture, d’autres ouvriers n’y croient pas trop.

Tous attendent un vrai dirigeant pour la classe ouvrière qui montre la voie de notre émancipation, mais avant tout, nous, ouvriers et travailleurs, devons compter sur nos propres forces, mais aussi sur la solidarité la plus large des ouvriers dans un front de lutte contre les fermetures d’usines et les licenciements.

Seule la lutte peut nous permettre d’empêcher la fermeture !

Il faut élargir la résistance, se mobiliser sans plus attendre, ici à Aulnay et dans les autres usines du groupe pour empêcher la fermeture, multiplier les initiatives, aller au siège social pour exiger le maintien du site et de sa production, qui sont le fruit du travail de milliers d’hommes, ici et en amont, car seul le travail crée la richesse, le profit des capitalistes n’est jamais que la part qu’ils ont prélevé sur notre travail. Rien de plus.

UNIS NOUS POUVONS LES FAIRE RECULER ! UNIS NOUS POUVONS VAINCRE !

Ghaza - GIA (Georges Ibrahim Abdallah)