jeudi 21 juin 2012

Sur le front du logement : Reçu par la mairie, embarqué par la police

Aujourd'hui mercredi 20 juin dans l'après-midi, une quinzaine de personnes se sont invitées dans la mairie du 4eme arrondissement tandis qu'à peu près le même nombre se rassemblait devant le bâtiment. Il s'agissait de demander des comptes à Evelyne Zarka, maire adjointe PCF, après l'arrestation d'un membre de la délégation qu'elle avait reçue en mairie le matin même (l'épisode est relaté ici :http://paris.indymedia.org/spip.php...)

La maire adjointe a décliné toute responsabilité dans cette interpellation, se contentant de la « regretter » mais sans vouloir prendre publiquement position pour la dénoncer et sans s'émouvoir que cette personne ait été interpellée à la sortie de son bureau après qu'elle l'y ait invitée pour négocier sur les revendications portées par le collectif.

Pendant ce temps, la mairie du 4eme arrondissement faisait de nouveau fait appel à la police. Interrogée à ce sujet, madame Zarka s'est encore une fois déclarée irresponsable, tout en assurant cependant, comme elle l'avait déjà fait quelques heures plus tôt, que personne ne serait arrêté. Puis elle s'est réfugiée dans son bureau.

A peine sortis du bâtiment, ceux à qui madame la maire adjointe venait de donner une telle assurance, ainsi que ceux qui étaient rassemblés sur la place, se sont fait charger par les CRS rameutés à l'appel de la mairie. Les flics ont coursé les personnes présentes jusque dans les rues en face en tentant d'interpeller le maximum de monde, sans succès heureusement. Un camarade a cependant été blessé au pied au cours de la charge.

Numéro du commissariat, pour exiger la libération immédiate du camarade interpellé ce matin : 01.40.29.22.00

Email d'Evelyne Zarka pour exiger que la mairie retire sa plainte :evelyne.zarka@paris.fr  Téléphone : 01.44.54.75.10

Pour continuer à soutenir le 260 rue des Pyrénées, rendez-vous le jeudi 21 juin à partir de 8h30 devant le 260 pour aller ensemble au procès.

mardi 19 juin 2012

Soutenons la lutte des prisonniers politiques !

Publié sur: http://drapeaurouge.over-blog.com/article-soutenons-la-lutte-des-prisonniers-politiques-107146954.html



http://www.archive-host.com/files/1640308/605fe43860be87b04aa41ccaf04344885422138f/Chain__fist_from_booklet.jpg
 
Le 19 juin 1986, plusieurs centaines de prisonniers de guerre maoïstes du Parti Communiste du Pérou étaient massacrés dans les prisons du Fronton, de Lurigancho et de Callao par l’armée péruvienne. Cette journée a été dénommée « Journée de l’héroïsme ».

Cette date a été retenue comme la « Journée du prisonnier révolutionnaire » pour toutes et tous les prisonniers révolutionnaires du monde entier, et aussi pour toutes celles et ceux qui sont engagés dans la lutte de classes contre le capitalisme et l’impérialisme dans le monde entier.

Aujourd’hui, nous mettons en avant :
 
  • Georges Ibrahim Abdallah, détenu depuis 28 ans par l’Etat français
  • Les prisonniers basques détenus en Espagne et en France
  • Les prisonniers corses
  • Les prisonniers du PCE (R) et des GRAPO détenus en Espagne
  • Les prisonniers des Brigades Rouges et du PCpm en Italie
  • Les prisonniers de la Fraction Armée Rouge, des cellules révolutionnaires et des militants antifascistes en Allemagne
  • Mumia Abou Jamal et bien d’autres aux USA
  • Les militants anarchistes en Suisse, en France et tant d’autres pays
  • Les milliers de prisonniers politiques tamouls détenus, torturés ou liquidés au Sri-Lanka
  • Les milliers de communistes maoïstes, combattants et progressistes en Inde, aux Philippines, au Pérou, en Turquie, au Maroc
  • Les milliers de palestiniens
  • Les milliers de communistes, résistants révolutionnaires et progressistes détenus ou massacrés, torturés dans les prisons de Palestine, Turquie, Irak, Iran, au Yémen, à Bahrein, en Egypte, au Maroc, qui subissent la répression des impérialistes et de leurs « chiens de garde », des sionistes et des fondamentalistes.

Ces prisonniers sont dans des tranchées de combat dans les geôles de la réaction et de l’impérialisme. Leur combat dans ces prisons a le même objectif que le combat de leurs frères et sœurs de classes à l’extérieur contre l’exploitation et l’oppression. Les soutenir, c’est soutenir la lutte du prolétariat international, la lutte des peuples opprimés pour leur libération. Faire connaître leur combat c’est briser l’isolement dans lequel tente de les confiner la bourgeoisie, les exploiteurs et oppresseurs.

Leur combat est le notre, celui pour la révolution prolétarienne, la fin de l’exploitation et de l’oppression de l’homme par l’homme.

Soutenons les prisonniers politiques et de classe !
A bas la répression et son système capitaliste ! A bas l’impérialisme !
Vive la Journée des prisonniers révolutionnaires ! Vive la révolution prolétarienne mondiale !
 
A Paris :
Rendez-vous le Mercredi 20 juin
à la Fontaine des Innocents
à 18h
 
PC maoïste de France

Soutien aux grévistes du nettoyage de la Cité des sciences, Paris-Villette

Afin d’affirmer son soutien aux grévistes la Compagnie "Jolie Môme" a joué  "Parole de Mutins", ce jeudi 14 juin à 12h, dans le hall de la cité des sciences et de l'industrie (M° Porte de La Villette ).

Les travailleurs du nettoyage de la Cité des Sciences de La Villette sont en grève pour une charte de la sous-traitance !
  • Contre la précarité,
  • Pour le paiement des heures supplémentaires,
  • Contre l'incessante remise en cause de leurs conditions de travail lorsque le marché passe d'un sous-traitant à un autre
Extrait du tract de Sud culture qui soutient des grévistes très accueillants-tes et  dynamiques :

- "Sept entreprises de sous-traitance différentes en deux ans, entraînant une remise en cause
incessante des droits et conditions de travail des salariés du Nettoyage à la Cité des Sciences.
Les salariés veulent obtenir de la Cité des Sciences l'élaboration d'une charte de la sous-traitance, promise depuis plusieurs années, visant à mettre un terme aux conflits à répétition dans le nettoyage.
Le problème de fond est bien sûr la sous-traitance de ces taches à des entreprises extérieures, mais en attendant de le régler, une charte sociale est le meilleur moyen de protéger les salariés concernés.
Ces pratiques sont malheureusement courantes et doivent cesser. C'est tous ensemble, qu'il faut lutter ! -

Rejoignez le piquet de grève dans le hall de la Cité des sciences !
Signez et faites signer la pétition !

La grève dure déjà depuis le 5 juin pour K2 propreté et depuis le 12 Juin pour Deca France.

zakkor














Rassemblement No Tav, le 9 juin à Chambéry et manifestation sauvage dans le centre ville

Ce samedi-là, une quinzaine de fourgons de Crs, déversent leur cargaison bleue  sur les trottoirs de la gare routière, à deux pas de la gare Sncf.

Répondant à l'appel, c’est un peu plus de 200 personnes qui se retrouveront au parc du Vernay.

Aux stands des associations organisatrices, discussions animées documents officiels à l’appui, dégustation de produits locaux, certains bio (vins, fromages), la cantine vegan à prix libre du comité No Tav Savoie, propose différents plat chauds et froids. Une élue Escroc Ecologie Les Véreux, arborant son badge vert de gris, y reviendra sans vergogne.

Les plus jeunes se livrent à de frénétiques parties de ballon ovale sur les pelouses tandis que d’autres lavent leur assiette  dans les bacs à disposition, après avoir dégusté leur plat.

Une ambiance très chaleureuse, où comme disait le poète, il y avait des couteaux pour trancher le pain de l’amitié.

Après les prises de parole qui révèlent les divergences sur la nature et la finalité du Lyon-Turin, ainsi que sur les manières de s’y opposer, tandis que certains démontent leur stand, 200 personnes, femmes, enfants, hommes, jeunes et plus âgés, derrière une banderole, s’élancent à l ‘assaut du centre ville, en une manifestation sauvage, certes annoncée mais non déclarée.

Une belle journée, mais il semble que la mobilisation ne soit pas au rendez-vous, 71 communes sont menacées par le tracé et c’est plus de 300 hectares de terres cultivables qui risquent de disparaître à jamais.

-Tgv  Lyon-Turin, ni   ici, ni ailleurs.

-Fukushima, Gaza, Val de Susa, ce monde n’est pas désirable.

Zakkor

* Nous serons à Notre Dame Des Landes, au forum européen, contre les projets inutiles et coûteux






















vendredi 15 juin 2012

Maroc : Arrestation du Camarade Mourad Chouini

Même pas un mois après la libération du camarade Mourad Chouini , qui a passé 4 ans de prison ferme, après la révolte des étudiants le 14 et 15 Mai 2008 , le voila encore une fois arrêté après avoir aller au poste de commissariat de Tantan pour renouveler sa carte d’identité. Il a été arrêté sous prétexte qu’il y a 3 notes de recherches contre lui lancées par la police à Marrakech, il a donc passé la nuit d’hier (le 12/06/2012) au poste de police à Tantan sans présenter des réponses à sa famille aux questions qu’elle a posé sur les motifs de sa détention et les condamnations dont il est sujet, tout ce qu’on l’aura dit est qu’il est recherché par la police judiciaire à Marrakech et qu’eux seules peuvent leur donner les ordres .

Ce soir (le 13/06/2012) Mourad Chouini a été transféré à Marrakech avec une ambiguïté en conserne les accusations apportées contre lui, et les motifs de sa détention comme on a dit, sa famille a été interdit de le visiter, et plus que ça ce matin ils ont nié que Mourad est détenus chez eux !!!.

Mourad, pour ceux qui ne le connaisse pas, a été détenu pour la première fois l’année universitaire 2004/2005, dans un contexte de la lutte des étudiants contre « la charte nationale de l’éducation et de formation » appelée par les étudiants au Maroc « la charte de classe pour l’Assujettissement et la marchandisation », ce qui fait que il est recherché du fait de son rôle dans la direction des luttes qu’a connu l’université Kadi aayad à Marrakech.

Sa deuxième détention a eu lieu durant la lutte héroïque des masses estudiantins à Marrakech le 14 et 15 Mai 2008, puisqu’il a été arrêté à coté de 10 camarades, et il a été jugé en pénalement de 4 ans qu’il a passé aux prisons de Boulmharez à Marrakech et la prison locale à Essaouira.

Il a adopté la « liberté » le 15 Mai 2012 c'est-à-dire moins qu’un mois après son arrestation encore une fois hier.

Mourad a été toujours présent à coté des masses populaires et des masses estudiantines et son adoption de la ligne des masses est une réalisation de ses principes et de son identité politique et idéologique.

Pour tout ce ci les motifs réels de cette arrestation sont claires : des provocations de la part des services secrètes a fin de l’intimider et de saper le moral et la fermeté du camarade afin de le persuader de pas poursuivre la lutte.

La libération de Mourad Chouini et de tous les détenus politiques est notre tache tous.

La lutte pour les libertés politiques et syndicales est la tache de tous les militants et militantes, la tache de tous les démocrates.

La participation effective dans toutes les formes de lutte et la création de ces luttes est une tache immédiate et urgente.

Construire le Front Ouvrier Révolutionnaire dans les usines et les entreprises



Les fermetures d’entreprises ne se comptent plus, les licenciements les accompagnent par centaines de milliers, les délocalisations se poursuivent, entrainant des drames sans fin, une incertitude, une crainte, une terreur permanente d’être de la prochaine charrette.

Chacun et chacune craint d’être expulsé de son logement et de se retrouver à la rue faute de pouvoir payer les loyers quand on est locataire ou les traites quand on est accédant à la propriété, sans compter les charges quoi qu’il en soit.

L’industrie automobile est frappée de plein fouet. Chez PSA, la direction tente de gagner du temps mais son plan dévoilé par la CGT est clair : elle veut, entre autres, fermer l’usine à Aulnay en 2016 et licencier dans toutes les usines du groupe.

Mittal a déclaré que Florange ne démarrerait pas avant six mois. Il fait traîner les choses en longueur. Le Président de la République s’est « engagé » à obliger les industriels se désengageant d’une usine française à la céder à un repreneur. Pour l’instant les discussions sont tripartites. Les patrons veulent faire avaliser des plans de licenciements et fermer d’autres usines en Europe et dans le monde, car il faut maintenir le taux de profit.

Mittal détient d’énormes paquets d’actions, fruits, à l’origine, de l’extorsion de la plus-value sur le dos des travailleurs indiens payés à coups de triques. Mittal n’est pas un travailleur immigré ou français qui sue derrière la coulée, mais un exploiteur de la plus belle espèce qui exploite des centaines de milliers d’ouvriers et d’autres travailleurs dans le monde entier.

Il en est de même de Doux, premier producteur européen de volailles, qui détient 80% du capital de dizaines d’entreprises dans le monde entier, dont celles de Bretagne et d’autres en France qui exportent 50% de la production dans des pays opprimés et ruinent des millions de petits producteurs paysans. Ici, les paysans sous contrat d’intégration qui dépendent de son groupe sont entraînés dans la tourmente, ne pouvant plus payer leurs dettes contractées près du Crédit agricole. Doux a demandé à être mis en redressement judiciaire pour six mois et cherche des repreneurs.

Les salaires ne sont pas payés depuis sept mois chez Sodimédical dans l’Aube (textiles médicaux). « Avant on découpait et on pliait les drapages qui servent à couvrir le patient dans le bloc opératoire. Peu à peu on s’est contentés d’assembler des produits qui venaient de Chine, il nous disait si vous n’augmentez pas la cadence, tout va partir en Chine. On a revu les postes pour réduire le nombre de gestes et diminué les temps de pause.» Pas étonnant qu’on tombe malade, en dépression.

Chez Fralib, il en est de même. Air France : 2400 suppressions de postes d’ici 2014, et ainsi de suite. En tout, il y aurait près de 60 000 emplois en concernés selon la CGT.

Durant les grèves pour les retraites, des centaines de milliers de travailleurs criaient « Grève générale » et « Tous ensemble ». Mais tous ensemble pour défiler ne suffit pas, il faut être tous ensemble dans l’usine, dans les usines, pour faire plier les patrons en préparant la prise de direction de l’économie qui expropriera les grands groupes industriels et les grandes surfaces qui prennent à la gorge les travailleurs de la campagne en pratiquant des prix décuplés sur le dos des consommateurs.

La politique de conciliation ne conduit qu’à des hécatombes. Il ne s’agit plus de discuter combien l’Etat, c’est-à-dire les contribuables, devront mettre au panier pour sauver les actionnaires, pour sauver le capitalisme pourrissant. Il s’agit de les faire payer, de s’organiser et de se préparer et non de reculer devant les menaces de licenciement.

Il faut que cela cesse et cela ne peut cesser qu’en en finissant avec le système qui produit toute cette misère : le système capitaliste. Nous y parviendrons en organisant pas à pas le Front Ouvrier Révolutionnaire dans les usines et en préparant ce que les directions syndicales refusent : taper au portefeuille comme en 36 ou en 68 et déclencher l’étincelle qui mettra le feu à toute la plaine.

Front Révolutionnaire Anticapitaliste/Antifasciste Populaire

vendredi 1 juin 2012

Journée "Les dernières colonies françaises : le droit à l'autodétermination"

 Publié sur le blog du Comité Anti impérialiste

« GWADLOUPÉYEN, A les écouter, NOU les ultramarins, les ultrapériphériques, les colonisés brusquement devenus français à part entière, serions encore une nouvelle fois la chance de la République Française. C’est bien vrai car la grandeur et la richesse de la France se sont construites et durent grâce à la colonisation et à l’esclavage. »
Communiqué du LKP à propos des élections présidentielles en France, 22 avril 2012.
Etats des lieux :
 
Les nombreuses luttes menées ces dernières années contre la vie chère, le chômage et l’exploitation dans les « DOM-TOM » se sont soldées par des répressions sans précédent. Répressions qui ne sont quasiment pas relayées dans la presse. Depuis la lutte héroïque du LKP en Guadeloupe en 2009, on assiste au redéveloppement de mouvements intenses aux Antilles, à la Réunion, en Guyane, à Mayotte et en Kanaky. Et pour cause : la situation sociale est explosive. Quelle est la réaction des partis politique face à cette situation ? On pourrait croire quelle est nulle mais en ne dénonçant pas la répression et la situation sociale, ces partis se rendent complice et sont donc responsables. D’ailleurs, sur la question des « DOM-TOM », on note un consensus national des partis droite-gauche, comme à l’époque de la république de Ferry, concernant le sort réservé à ces populations. Quel parti politique a osé dénoncer la domination coloniale qui est à l’origine de la crise sociale que vivent ces peuples ?
                        
 
 
En Guadeloupe l'autorité de la concurrence révèle que « les écarts de prix en magasin avec la métropole dépassaient 55 % pour plus de la moitié des produits, un pourcentage trop élevé pour trouver exclusivement sa source dans les frais de transport et l'octroi de mer » (2009). Pour les prix des carburants ils ont bondi de 77% entre 2001 et 2008 à la Réunion et de 44%  en Guadeloupe. La distribution du carburant étant assuré par le seul monopole SARA (filiale de Total) qui prélève des marges hautement supérieur à ceux de métropole (source: site de l’UGTG) et qui fixe les prix en accord avec les préfets. Des prix supérieurs alors même que la moitié des ménages des départements d’outre-mer ont un revenu mensuel par personne inférieur à 796 euros, contre 1 281 euros en métropole (revenu médian). Un écart de 60 % (source: observatoire des inégalités). A la Réunion, 52% des ménages vivent sous le seuil de pauvreté. Dans l’ensemble de ses territoires, le taux de chômage des jeunes dépassent les 50%.
 
Ainsi en 2009, le peuple de Guadeloupe a ouvert la voix par une grève générale de 44 jours menée par le LKP et l'UGTG. Arrachant une centaine de revendications qui n'ont pour la plus-part pas été respecté par les autorités. Mouvement rejoint par les Martiniquais et les Réunionnais. Fin 2011, c'est cette fois-ci à Mayotte qu'éclate une grève générale de 43 jours, permettant d'obtenir une diminution des prix des ailes de poulets (Mabawas) et des sardines. A la réunion à la suite d'une manifestation début 2012 se sont succédé plusieurs nuits d'émeutes, les jeunes exacerbés par le chômage et la vi0e chère s'en sont pris aux commerces et aux grandes surfaces. Dans cette région le chômage qui atteint 30 % n’a de cesse d’augmenter. En Nouvelle Calédonie, les dures luttes sociales menées par l'USTKE (notamment à air Calédonie) ont eu comme seule réponse l’utilisation de la baïonnette : arrestations et emprisonnements de plusieurs militants syndicaux en grève...
 
Pourquoi l’Etat français tient-il tant à ces territoires ?
 
Il suffit de voir la configuration de chaque île pour se rendre compte de l’immense intérêt qu’a la France de détenir ces territoires. D’abord d’un point de vue géostratégique : la France est le seul pays impérialiste à avoir des territoires partout dans le monde ! Antilles et Guyane en Amérique,  Kanaky dans le Pacifique, Mayotte et la Réunion  dans l’océan Indien. De plus, les ressources existantes comme le zinc en Kanaky, le bois en Guyane , la pêche, le pétrole… constituent tant de richesses gratuites pour l’Etat français qu’on comprend l’acharnement pour garder ces territoires et les zones maritimes qui s’y rattachent. Contrairement aux idées véhiculées l’Etat français gagne beaucoup plus à gagner ces territoires que ces populations gagnent à être Français.
 
 
« Ici la lutte de classes s’exprime dans un contexte de domination coloniale » 
Gaby Clavier, ancien dirigeant de l’UGTG.
 
La possession et la domination de l'économie par les Békés, les Zoreilles, les Caldoches  (noms pour désigner les blancs descendants d'européens) est toujours d'une réalité criante. La question de la « Pwofitation » mérite donc d'être posée ici au cœur de la métropole impérialiste. Comme le souligne Elie Domota dans une interview, la question de la domination coloniale doit être posée car elle est bien le cœur de l’injustice : « Quel que soit le territoire, les départements d’outre-mer restent des colonies gérées comme à l’époque des plantations. En Guadeloupe, le commerce et la distribution sont détenus par trois ou quatre grandes familles. C’est le même cas de figure à Mayotte. Au sommet de la pyramide, vous avez des personnes d’origine européenne et en bas de l’échelle sociale les Mahorais. Il y a aussi un réel mal-être. La paix sociale ne peut pas exister si 30 % des jeunes sont au chômage. »  extrait de :L’explosion était inévitable à Mayotte, nov 2011.
 
Dans les années 1950-1980, alors que les peuples colonisés obtenaient leurs indépendances, les Antilles, la Polynésie, la Réunion et la Kanaky étaient maintenues sous domination et administration directe. Cette colonisation parait « normale » et personne ne s’indigne de cette anomalie. Ces territoires sont « logiquement » considérés comme français pour la majorité des français. Par le biais d’artifices juridiques, la France impérialiste tente de faire croire qu’elle n’a plus de colonies. Mais les luttes des peuples pour leur libération nationale et sociale prouvent le contraire. Face à la pauvreté, 1 Antillais sur 3 rejoint la métropole. Dans l’autre sens de nombreux métropolitains ses sont installés comme cadres surpayés dotés de primes et de privilèges divers. Les fonctionnaires métropolitains qui rejoignent les territoires « d’outre-mer » voient leurs salaires augmenter de 40% !  C’est le résultat d’une politique délibérée née dans les années 1960 qui a permis de renforcer
le mythe de la France « mère-patrie » et ainsi renforcer l’aliénation culturelle des peuples antillais. Comme nous l’évoquions plus haut un consensus « républicain » réunit tous les partis politiques autour du vieux discours colonialiste du 19e siècle : « la France a beaucoup apporté à ces peuples » ou alors « L’atout que représente pour la France cette présence aux quatre coins du monde ». C’est effectivement une des spécificités de l’impérialisme français. Il est l’un des seuls pays impérialistes à détenir encore des colonies un peu partout dans le monde. La question qui se pose pour l’impérialisme français n’est pas de savoir ce que souhaitent ces peuples (autonomie ou indépendance) puisque toutes les luttes sociales ou indépendantistes ont été matées dans le sang. Par contre, l’intérêt se porte sur les éventuelles menaces stratégiques qui pèsent sur son déploiement mondial et s’il perd du terrain au profit des autres puissances impérialistes.  Et lorsqu’un conflit social explose comme c’est le cas à la Réunion actuellement, on voit bien que tout le camouflage sur la prétendue appartenance légitime de ces territoires à la France vole en éclats et la question de la domination coloniale est remise à l’ordre du jour.
En tant que mouvement anti-impérilaiste, nous devons dénoncer le rôle de notre propre impérialisme et populariser les luttes actuelles en les reliant à l’histoire de ces peuples qui ne manquent pas de luttes héroïques. Louis Delgres, Frantz Fanon, Marcel Manville, OJAM, AGEG, AGEM, ARC, USTKE, PKLS… sont tant de noms de personnes ou d’organisations politiques qui marquent l’esprit de résistance et de lutte de ces peuples.